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dimanche 8 septembre 2013

Lettre à A.



Plus tard, nous nous rappellerons de cet été. Des étés comme celui-là, tu n'en connaîtras pas beaucoup dans ta vie.

Un vieux monsieur* avait écrit un livre là-dessus : il appelait ça les "années sandwiches" (pour nous, ça pourrait être les "étés sandwiches"). Il disait qu'une personne normale n’en vit que cinq ou six dans son existence. Cinq ou six, pas plus. Le reste, c’est du remplissage et de l’attente. Il disait que ces années-là sont comme des tranches de foie gras qui viennent se mettre entre deux morceaux de pain. Ce sont des années-sandwiches. Il faut savoir les reconnaître quand elles arrivent, être vigilant : il ne faut pas les rater.

Nous, cet été, nous ne l'avons pas raté ! Nous avons mordu dans le pain à pleines dents et dévoré le foie gras jusqu'à en frôler l'indigestion.

Plus tard, nous l'appellerons peut-être "l'été d'Eliot". Nous nous rappellerons de ses premiers instants qui ne s'écrivent pas. Chacun gardera en mémoire un son, une image, un regard peut-être. Nous nous rappellerons aussi des "à côtés" : des étoiles filantes, des bivouacs dans le salon, des lucioles ou de nos danses endiablées sur le "Please don't do it again" de Lady.

Oui, nous nous en rappellerons comme d'un été de bonheur. Pas ce bonheur construit sur le prestige éphémère d'une destination estivale de rêve. Non : un bonheur simple, qui ne s'achète pas.

C'est pour cela que tu devras te rappeler de cet été toute ta vie. Tu devras t'en rappeler pour lui, pour ce frère qui ne sait encore attraper ni objet ni souvenir, et pour nous que nos mémoires trahiront tôt ou tard. Car je vois bien que mes sens avaient déjà tout oublié de ta haute enfance.

R

* Serge Lentz


3 commentaires:

  1. Merci RO pour ce superbe message, c'est avec grand plaisir que nous partageons ce beau sandwich , qui est chaque jour à croquer et dont on ne lasse pas . olive.

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  2. C'est marrant cette manie de prendre en photo les pieds de ta fille... le pire c'est que ces photos sont magnifiques...
    et ce texte nous fait goûter le bonheur du sandwiche... j'en veux encore !!! c'est vrai qu'il faut parfois changer de regard pour apprécier et découvrir le bonheur... simple !
    Aurel.

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  3. Merci pour vos messages. Pour moi aussi, c'est un plaisir : le bonheur ne vaut que s'il est partagé ;-)

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